Les prix de l’énergie reculent légèrement ce mois-ci

Les prix de l’énergie affichent un léger recul sur le volet gaz en août 2026. Le prix repère publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) diminue d’environ 1,6 % pour les ménages se chauffant au gaz. Mais ce recul masque un mouvement inverse sur l’électricité, avec une hausse du tarif réglementé de vente (TRVE) proposée par la CRE au 1er août. Que disent les chiffres poste par poste, et quel effet sur la facture réelle des ménages ?

Gaz et électricité en août 2026 : les tarifs comparés

Les évolutions du mois d’août ne vont pas dans le même sens selon l’énergie concernée. Le tableau ci-dessous synthétise les données publiées par la CRE.

Énergie Évolution août 2026 Prix moyen du kWh TTC
Gaz (chauffage) -1,63 % 0,12558 €
Gaz (cuisson / eau chaude) -1,3 % 0,15848 €
Électricité (TRVE) +2,5 %

Le prix du kWh de gaz pour un usage chauffage passe donc de 0,12766 € TTC en juillet à 0,12558 € TTC en août. Pour la cuisson et l’eau chaude, le prix s’établit à 0,15848 € TTC, en recul d’environ 1,3 %.

Du côté de l’électricité, la CRE a proposé une augmentation de 2,5 % TTC du tarif réglementé au 1er août, ce qui représente environ 26 € de plus par an pour un foyer consommant 4,5 MWh.

Employé de station-service devant un panneau de prix du carburant en baisse, symbolisant la réduction des coûts énergétiques

Effet ciseaux sur la facture énergie des ménages

Parler de « recul des prix de l’énergie » en se limitant au gaz donne une image partielle. Pour un foyer qui se chauffe au gaz mais consomme aussi de l’électricité (éclairage, électroménager, cuisson mixte), les deux mouvements se compensent largement.

Des simulateurs comme Hello Watt ou Je-Simule estiment que la facture type d’électricité passe d’environ 1 046 € à 1 072 € TTC par an pour un foyer moyen. Le gain sur le gaz, de l’ordre de quelques euros mensuels, ne suffit pas à absorber ce surcoût annuel sur l’électricité.

Pourquoi le ressenti reste haussier

La majorité des ménages français sont raccordés à l’électricité, qu’ils se chauffent au gaz ou non. La hausse du TRVE touche donc un périmètre bien plus large que la baisse du prix repère gaz, qui ne concerne que les foyers abonnés au gaz naturel.

Pour les foyers tout-électrique, la question ne se pose même pas : leur facture augmente, sans aucun effet compensatoire.

Accise sur l’électricité : un mécanisme qui tempère la hausse

Un élément passe souvent inaperçu dans les annonces tarifaires. L’accise sur l’électricité (ancienne TICFE) diminue au 1er août 2026 pour les clients dont la puissance souscrite est inférieure ou égale à 36 kVA, passant de 30,85 € à 28,36 € par MWh.

Sans cette baisse fiscale, la hausse du TRVE aurait été plus marquée. Ce levier fiscal agit comme un amortisseur partiel, mais il ne change pas la tendance de fond : la composante fourniture et la part réseau (TURPE) augmentent.

  • La part fourniture reflète les coûts d’approvisionnement sur les marchés de gros, encore volatils en 2026.
  • Le TURPE (tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité) augmente également au 1er août, alourdissant la ligne « acheminement » de la facture.
  • L’accise reste un outil de politique publique que l’État peut ajuster, mais dont la trajectoire à moyen terme pointe vers un retour au niveau pré-bouclier tarifaire.

Prix repère du gaz : un indicateur, pas un tarif

Depuis la fin des tarifs réglementés du gaz au 30 juin 2023, la CRE publie chaque mois un prix repère de vente de gaz naturel. Ce prix sert de référence pour comparer les offres du marché, mais il ne s’impose à aucun fournisseur.

Le prix repère se décompose en trois parts :

  • La fourniture, qui couvre l’approvisionnement et les coûts commerciaux du fournisseur.
  • L’acheminement, c’est-à-dire les tarifs de réseau et de stockage fixés par la CRE.
  • Les taxes (TVA, accise sur le gaz naturel, contribution tarifaire d’acheminement).

En juillet, ce même prix repère avait bondi de 7,4 % TTC, soit environ 2,70 € de plus sur la facture mensuelle moyenne. La baisse d’août ne compense qu’une fraction de cette hausse. Et dès septembre 2026, la CRE annonce déjà une nouvelle augmentation de 5,6 %, portée par la remontée des prix sur les marchés de gros.

Compteur énergétique intelligent affichant une baisse de consommation dans un salon moderne avec un couple en arrière-plan

Volatilité du marché de gros et contexte géopolitique

Les prix spot du gaz naturel en Europe restent sensibles aux tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. Le premier semestre 2026 a été marqué par une volatilité accrue sur les marchés, ce qui se répercute directement sur la composante fourniture du prix repère.

Pour les ménages, cette instabilité signifie que les baisses ponctuelles comme celle d’août peuvent être suivies de hausses plus marquées dès le mois suivant.

Facture énergie 2026 : la tendance de fond reste orientée à la hausse

Le recul du prix du gaz en août 2026 représente un répit limité. La hausse de juillet (+7,4 %) n’est effacée qu’à hauteur d’un cinquième environ par la baisse d’août (-1,63 %). La remontée annoncée pour septembre (+5,6 %) confirme que la trajectoire du gaz reste globalement haussière sur l’année.

Côté électricité, le tarif réglementé a augmenté de 2,5 % au 1er août malgré la baisse de l’accise. La facture annuelle d’un foyer moyen progresse d’une vingtaine d’euros, un montant modeste en apparence mais qui s’ajoute aux hausses successives des années précédentes.

La donnée clé à retenir : en août 2026, seul le gaz baisse, et de façon marginale. L’électricité monte. Le solde net pour un ménage mixte (gaz + électricité) penche du côté de la hausse. Surveiller le prix repère gaz de septembre et l’évolution du TURPE donnera une image plus fiable de ce que la rentrée réserve aux factures.

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